Snif-snif… Une odeur sucrée de baies écrasées glisse dans l’air, chatouillant la narine de Plumes, le chevalier dinosaure. Sous ses pattes griffues, l’herbe est douce comme une écharpe. Tout autour, la Terre des dinosaures s’étire dans les rayons dorés : des fougères qui frissonnent, des rochers tièdes, et, là-bas, la rivière qui murmure sa chanson-cascade. Plumes, qui adore tapoter le bout de son nez avec la plume de son casque à chaque idée brillante, inspecte le paysage. Il fredonne doucement : « Plim, plum, ploum, la quête commence, tout doux, tout rond ! »
À l’ombre d’un grand arbre-ombrelle, la vieille Dame Sauria tricote des écharpes de feuilles. Sa peau craque comme du vieux papier, et chaque mot s’envole comme un papillon. Elle lève les yeux, sourit en coin, et lance : « Plumes, petit malin, as-tu déjà entendu la chanson-cascade de la rivière ? » Plumes fait tourner la plume de son casque, curieux : « Pas encore, Dame Sauria ! Mais j’aimerais bien l’écouter et la chanter, moi aussi… »
Le vent glisse, doux comme un câlin. Que va trouver Plumes aujourd’hui, dans le parfum des fougères et les chuchotis de l’eau ?
Plumes suit la sente, tapotant son nez plumeux à chaque pas. La brume danse sur la rivière, et là, hop ! Une pierre étrange repose, ronde et brillante, juste dans le courant. Quand le vent souffle, la pierre fredonne : « Plim, plum, ploum… » Plumes s’approche, oreilles dressées, écaille lisse frémissante au soleil.
Il pose une patte sur la pierre : elle vibre, tiède comme la joue de Maman, et fait des bulles douces dans l’eau. Plumes répète la ritournelle, d’abord tout bas : « Plim, plum, ploum… » Un papillon bleu voltige, et soudain, la berge se couvre de fleurs dorées.
Le refrain revient : « Plim, plum, ploum, la chanson-cascade change le monde, tout doux, tout rond ! » Plumes tapote son nez, ravi : chaque fois qu’il chante, quelque chose se métamorphose. Et si la chanson cachait un secret précieux ? En écoutant bien, il sent la magie chatouiller son oreille…
En sautillant, Plumes poursuit sa quête. Mais voilà : un large bras de rivière bloque le chemin, où les nénuphars flottent, dodus et verts. Plumes tapote son nez, réfléchit à voix haute : « Plim, plum, ploum, un passage tout doux… » Dame Sauria arrive, écharpe de feuilles battant doucement son flanc. Elle chuchote, voix feutrée : « Il faut écouter la chanson du courant, Plumes. Chante-la doucement, et regarde bien… »
Plumes inspire, tapote son nez, puis se met à fredonner. Les nénuphars frémissent, se rapprochent, chuchotant « glou, glou, glou » en se liant l’un à l’autre. Un pont moelleux se forme, parsemé de gouttelettes brillantes. Dame Sauria sourit : « Un petit chant, un grand pont, mon garçon ! »
Plumes traverse, tapotant chaque nénuphar du bout du nez, tout fier. De l’autre côté, la berge sent le caramel chaud, et la mousse est si douce qu’on voudrait s’y rouler. "Plim, plum, ploum, la rivière répond, tout doux, tout rond !"
Au cœur d’une clairière, Dame Sauria s’assied sur une souche ronde. Elle fouille dans sa poche et tend à Plumes une minuscule graine, luisante comme une perle : « Voici, petit chevalier. Cette graine adore les chansons. Mais elle a besoin d’un chant doux, offert avec un geste gentil. » Plumes tapote son nez, intrigué. Il s’agenouille, plante la graine dans la mousse et, tout bas, fredonne : « Plim, plum, ploum, pousse graine, tout doux, tout rond ! »
Dame Sauria, enroulant son écharpe, caresse l’épaule de Plumes de sa patte ridée. « Les chansons qui viennent du cœur font grandir les merveilles. » Soudain, la graine s’étire, pousse, et devient un petit arbre couvert de plumes multicolores et de fruits dorés.
« Plim, plum, ploum, petit chant, grand monde ! » murmure Plumes, tapotant son nez ravi, pendant que Dame Sauria pose une plume sur le casque du chevalier. Le moment pétille comme une pluie de paillettes.
Le soleil file, laissant place à la brise tiède. Plumes s’allonge sous l’arbre-plume, le dos chatouillé par la mousse, la plume de son casque vibrant doucement au vent du soir. Dame Sauria tricote encore, ses doigts faisant « frifri » sur les feuilles. La clairière baigne dans la lumière orange. La rivière fredonne tout bas, la chanson-cascade glissant entre les rochers.
Plumes tapote une dernière fois son nez, soupire de bonheur. Il écoute le bruissement des feuilles, le frou-frou du vent, le grésillement de l’herbe. Dame Sauria murmure : « Plim, plum, ploum, la nuit arrive, tout doux, tout rond… »
Le monde s’endort, enveloppé du chant magique, comme dans une grande couverture chaude. Et toi, petit rêveur, entends-tu la chanson-cascade, là, tout près, dans le creux de ton oreille ? Bonne nuit, tout doux, tout rond…